Votre enfant est-il pessimiste ?

Coach, Thérapeute enfants, Conseil parental, Nicole Lapierre Montpellier
Sentiment de confiance en soi, ou peur de l' avenir ?

Trois critères pour différencier l' optimisme du pessimisme

Que l' on soit adulte ou enfant, les mécanismes sont les mêmes : nous disposons de trois critères pour juger de l' orientation mentale qu'une personne développe sur ses chances de réussite.

Par exemple, un enfant échoue à un contrôle et dit :

"c'est de ma faute : je suis nul, de toutes façons : je rate tout".

Un autre, dans les mêmes circonstances, dira :

"C'est de ma faute, je n' avais pas assez travaillé".

L' un généralise, et l' autre sectorise. C'est le premier critère.

Premier critère : la généralisation ( c'est ma nature profonde, ou la nature profonde des autres qui cause le problème).

 

Face à un évènement qu'il ne maîtrise pas, comme un changement d'école, l' un pense :

" Je change d'école, je perds mes amis, c'est terrible, je n' en retrouverai pas là-bas".

Tandis qu'un autre se dira :

" Je suis triste de perdre mes amis actuels, mais avec le temps - je sais qu'il faut du temps- je m' en ferai sûrement de nouveaux là-bas".

L' un pense " permanent" et l' autre, l' optimiste, pense " temporaire".

Permanent  veut dire que les circonstances extérieures sont prépondérantes, et que nous sommes impuissants face à elles. " Toujours" et " Jamais' font partie de ses croyances. C'est le deuxième critère.

Cela peut sembler subtil, mais cela a une réelle influence sur le bien-être de l' enfant, et il est important de déceler cette nuance.

 

Dernier critère : la contextualisation

" Je suis privé de télé parce que je suis méchant". (pessimiste)

ou bien

"Je suis privé de télé parce que j' ai frappé Théo ". (optimiste)

Dans la deuxième formulation, l' enfant assume sa responsabilité, mais la place dans le contexte.

On dit qu'il "contextualise". Il envisage la circonstance et le contexte, non sa nature profonde.

Il garde la possibilité de changer. C'est le troisième critère.

 

 Ce type d'analyse se manifeste également sur des évènements positifs   :

 " J' ai été élu représentant de ma classe parce que les autres enfants ont voulu être gentils avec moi".

(pessimiste)

"J' ai été élu représentant de ma classe parce que les autres enfants m' apprécient". (optimiste)

 

Si ces 3 éléments d'analyse sont présents systématiquement, il est bon de s'interroger et de commencer à mettre en place une stratégie d’éducation qui viendra corriger cette tendance, qui, si elle s’intensifie, peut aboutir à un véritable désengagement et à un état de passivité, de tristesse, d'anxiété ou de dépression.

Des outils, de l' observation

La peur de l' échec peut être paralysante
La peur de l' échec peut être paralysante

Nous disposons, dans la psychologie positive, de tests-questionnaires qui permettent de distinguer une tendance optimiste d'une tendance pessimiste.

Ce n' est pas toujours facile de discerner entre les deux, au quotidien.

Certaines caractéristiques de la personnalité sont assez évidentes et ne demandent aucune stratégie complexe.

D'autres aspects, et celui-ci en fait partie, sont moins directement détectables, et on peut se tromper, en tant que parent.

L' enfant ne verbalise pas toujours clairement ce qu'il pense.

Et il ne prend pas forcément conscience des automatismes de sa pensée.

Or, ces deux styles explicatifs des évènements négatifs, ou même positifs qui arrivent, vont demander des stratégies éducationnelles différentes pour être efficaces.

Il va être important , un fois le manque de confiance en soi, le pessimisme détecté, d'apporter à votre enfant des éléments qui vont lui permettre de modifier, à terme, son filtre d'analyse, sa vison du monde et la place qu'il y occupe.

D'où cela vient-il ?

Coach, Thérapeute enfants, Conseil Parental, Nicole Lapierre, Montpellier Antigone
Toutes ces questions qu'il se pose inévitablement sur lui-même doivent trouver une réponse juste

L' optimisme ou le pessimisme se forment pendant les premières années de la vie.

L' enfant acquiert sa vision positive ou négative à partir des réalités auxquelles il est confronté, et aussi de la façon dont les personnes qui l' entourent, les parents, les éducateurs, les professeurs, ou les personnes qui l' ont en charge, interagissent avec lui.

Les enfants sont des éponges, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont absolument clairvoyants.

Ils peuvent aussi construire des croyances erronées.

En fonction de ce que nous exprimons face à un enfant de notre propre rapport au monde,  et de ce qu'il en comprend, il va mettre en place une grille de lecture des causalités.

Il peut y avoir également, dans la construction d'une personne, des influences génétiques. Cependant, celles-ci peuvent être majorées ou minorées selon le style d'éducation et les expériences que l' enfant va connaître. C'est une bonne nouvelle : il n' y a pas de fatalité !

 

Peut-être est-il intéressant, si votre enfant est plutôt pessimiste, que vous vous interrogiez sur les messages qui lui ont été envoyés, de façon à identifier l' origine de ce manque d'élan vital, et à pouvoir l' aider à mettre en place une vision différente, plus productive et plus apaisante.

Si, par contre, il est plutôt optimiste, courageux devant l' échec et capable de rebondir, d'essayer à nouveau, il est vraisemblable que vous lui ayez suffisamment montré vous-même - sans forcément le vouloir consciemment - une attitude de confiance en vous et en l' avenir. 

 

               Un bon encadrement de votre part soutiendra et maintiendra son optimisme, 

  les expériences cruciales appropriées cristalliseront son optimisme. – Martin Seligman

 

Le professionnel est là pour vous apporter des conseils clairs et répondre à vos interrogations, pour vous aider dans cette démarche, si vous éprouvez des difficultés à comprendre ou à mettre en place un nouveau comportement.

Comment procéder pour inverser la tendance ?

Ne pas avoir peur de l' inconnu  -                                                                                               Photo Gabe Tomoiaga
Ne pas avoir peur de l' inconnu - Photo Gabe Tomoiaga

Dans l' accompagnement d'un enfant ou d'un ado, je vais m' attacher à déterminer son système d'analyse, et voir où il se place dans le continuum optimisme-pessimisme.

Dans le cas d'une vision du monde sombre et découragée, nous allons enquêter pour en connaître les causes, et mettre en place  des outils pour qu'il prenne conscience, petit à petit de l' erreur d'interprétation qu'il fait. Il ne faudrait pas qu' à l' occasion d'un évènement particulier, ou d'une accumulation, ce pessimisme se transforme en tendance dépressive.

Martin Seligman, psychologue et chercheur, le fondateur de la Psychologie Positive, a mis en place un programme destiné à enrayer une forte augmentation de états dépressifs aux États-Unis chez les adolescents  à la fin des années 90.

Ce programme déployé dans les établissements scolaires de plusieurs états  s'est déroulé avec un réel succès.

En très synthétique, il s'agit de prendre conscience de la voix intérieure qui nous programme, ensuite de la questionner, et finalement retrouver une liberté de choix pour oser ce qui paraissait hors de portée.

Des outils ludiques pour les enfants et les adolescents ont été élaborés : marionnettes, BD, impro théâtre,  pour conceptualiser de façon simple cet engrenage de l' échec, et trouver les ressources pour en sortir.

En tant que Conseil Familial, j'associe les parents à la démarche, de façon à ce qu'ils puissent être partie prenante des actions entre les consultations, et par la suite. 

Dans le cas d'un pessimisme trop ancré, qui enferme, qui coupe de l' élan vital, qui bloque l' énergie, et qui pousse au désintérêt, à l' inaction, ou à l'agressivité...et peut dériver en dépression, la collaboration thérapeute-parents est indispensable pour aider le jeune.

L' optimisme favorise la réussite, la réussite favorise le bien-être ; c'est bien sûr ce que nous souhaitons pour nos enfants, dans le désir que nous avons pour eux d'un équilibre physique et psychologique le meilleur possible.